La métropole de Dijon s’est lancé dans OnDijon, un projet smart city couvrant l’ensemble de sa métropole, inédit par son ampleur et sa durée. La première grande étape a été franchie le 11 avril 2019 avec l’inauguration du poste de pilotage unique des services municipaux, actuels et futurs. Les premiers cas d’usage sont déjà opérationnels, d’autres s’ajouteront avec le temps.

Annoncé voici un an et demi, le projet visant à faire de Dijon la première métropole intelligente de France est désormais opérationnel. Baptisé OnDijon, sa brique technologique centrale a été mis en service le 1er avril 2019, puis inaugurée officiellement ce 11 avril 2019.

L’hyperviseur, au cœur du projet OnDijon

Il s’agit de l’hyperviseur, un poste de pilotage centralisé, qui va regrouper en un seul lieu les cinq centres de supervision des services municipaux : la police municipale, la sécurité, la circulation, le service d’information aux habitants Allo Mairie, le service de déneigement.

Cet hyperviseur regroupe également l’ensemble des données relevant de ces cinq services, ainsi que toutes les données issues des différents capteurs dans la ville, pour les agglomérer et les piloter à l’aide d’une plateforme unique.

ondijon smart city 1 2 piloter espace public - Les Smart Grids

Pour l’occasion, les patrons des quatre entreprises du consortium privé à qui a été confié, pour douze ans, la gestion de OnDijon avaient fait le déplacement, preuve de l’enjeu technologique (et commercial) crucial que revêt pour eux ce projet, le premier de cette ampleur en France : Bouygues Energie et Services était représenté par Martin Bouygues, PDG du groupe Bouygues ; Citelum, une filiale d’EDF, par Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF ; Suez par son directeur général, Jean-Louis Chaussade ; et Capgemini France par son président Jérôme Siméon. Ils étaient accompagné par Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne France-Comté et François Rebsamen, président de Dijon Métropole.

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Un projet smart city « inédit » par son ampleur

Regrouper toutes les composantes de la smart city en un lieu, piloté par une plateforme, coordonné par un consortium unique, pour une durée de douze ans, sur un territoire (la métropole de Dijon) de 24 communes et de 250 000 habitants : le projet est en effet « inédit », comme le souligne ses porteurs.

Il s’appuie sur un budget conséquent de 105 millions d’euros. La moitié est apporté par des acteurs publics, notamment la métropole de Dijon, la mairie de Dijon, la Région Bourgogne Franche-Comté et le Fonds européen de développement régional (FEDER).

Les économies de l’éclairage intelligent pour financer la smart city

Le modèle économique de OnDijon consiste à financer les nouveaux services numériques grâce aux économies que la ville intelligente permettra de réaliser. L’objectif est élevé : la smart city est censée offrir 65% d’économies d’énergie à la métropole.

Pour atteindre cet objectif, le projet phare concerne l’éclairage urbain. Progressivement, au rythme de 1 500 par an, Citelum va remplacer les 34 000 points lumineux de la métropole par des LED associée à des capteurs. L’éclairage deviendra ainsi intelligent, et sera variable, rue par rue, en fonction des usages. Dans les quartiers résidentiels, des capteurs de mouvement piloteront l’allumage ou l’extinction des points lumineux. 500 lampadaires ont déjà été modifiés en 2018, 1 000 de plus le seront d’ici fin 2019.

Superviser l’espace public et la maintenance des équipements

Retour vers l’hyperviseur. Cet espace de 1 200 m2 regroupe déjà une équipe de 50 personnes. Il va aider les équipes municipales à accélérer leurs prises de décision, en leur présentant des informations de manière synthétique. Pour cela, les équipes municipales ont ou vont équiper de capteurs l’ensemble des équipements urbains – feux aux carrefours, bornes électriques, éclairage public, ou encore les 300 caméras de vidéo surveillance de la métropole, qui sont en train d’être renouvelées.

L’hyperviseur permettra ainsi d’optimiser les missions de gestion de l’espace public et de maintenance des équipements. Chaque appareil dispose en effet de sa fiche détaillant ses caractéristiques et l’historique des interventions reçues. Plus de 200 fiches de procédures ont été enregistrées dans l’hyperviseur, permettant de déterminer, à distance, les actions à mener et leur degré d’urgence.

Une réactivité grandement améliorée

Si l’équipement nécessite une intervention immédiate, les superviseurs recevront le numéro de la personne d’astreinte, pour la contacter dans la minute. Si l’intervention peut attendre, elle sera ajoutée à la liste des tâches des équipes de maintenance, dont le planning se met automatiquement à jour en fonction de la localisation et de la durée des interventions déjà prévues.

La réactivité des équipes municipales sera également renforcé par la géolocalisation de leurs véhicules, déjà opérationnelle : “Jusqu’ici, nous devions appeler les équipes pour vérifier où elles se trouvaient. Désormais, elles seront géolocalisées, ce qui permettra de les envoyer sur des missions proches et d’adapter leur planning au long de la journée”, explique un responsable chez Dijon Métropole.

Les voitures de police sont également géolocalisées, permettant au poste de contrôle de visualiser, en temps réel, où se trouvent les équipes et de mieux les dispatcher, ou, le cas échéant, répondre à un imprévu ou une situation d’urgence.

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Fluidifier le trafic et le stationnement

180 bus ont également été doté de capteurs, qui leur donnent une priorité de feux au carrefours, pour assurer qu’ils tiennent leurs horaires. Les feux tricolores sont par ailleurs reliés aux données en temps réel sur le trafic (via des capteurs et des caméras), afin d’adapter leur rythme pour fluidifier la circulation. Les bornes d’accès aux zones piétonnes sont également pilotables à distance par les superviseurs de l’hyperviseur.

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Des capteurs seront par ailleurs installés, d’ici la fin de l’année, sur les places de livraison et de stationnement minute du centre-ville. Les arrêts anormalement longs seront automatiquement remontés à la police, qui pourra s’assurer qu’aucun usage abusif n’en est fait.

Progressivement, les 180 bâtiments publics de l’agglomération seront également équipés de systèmes de détection incendie et intrusion.

OnDijon : faire face aux dysfonctionnements en temps réel

L’ensemble de ces dispositifs donnera une vision en temps réel des équipements, des équipes municipales et du fonctionnement de la ville, offrant une réactivité accrue en cas de soucis, permettant d’améliorer la résilience de la métropole à des situations de crise, notamment météorologique. Les dysfonctionnements devraient être résolus bien plus vite, rendant la ville plus efficiente.

Mais cet aspect n’est que le premier volet de OnDijon, celui centré sur la ville et ses équipements. Le second se tourne vers les citoyens, via un partage de données anonymes et des services et applications personnalisés. Une ambition qui ne va pas sans poser des questions sur le devenir de ces données et sur les choix faits par la métropole dans ce projet, comme nous le verrons demain, dans la suite de notre étude.

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