Alors que le Plan Climat présenté début juillet par Nicolas Hulot prévoit l’abandon des voitures à combustibles fossiles d’ici 2040, où en est le développement des véhicules électriques en France ? Si la barre symbolique des 100 000 véhicules a été atteinte en mars 2017, des efforts doivent encore être faits pour convaincre le grand public de basculer vers cette nouvelle mobilité, seule compatible avec la transition énergétique.

L’annonce a fait grand bruit et a provoqué l’habituelle levée de boucliers des amoureux de l’essence : le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, savait qu’il allait choquer et faire réagir en annonçant la fin de la vente des voitures à essence et diesel en France en 2040.

Le véhicule électrique avance dans le sens de l’histoire

Pour qui est au courant des avancées législatives en France et en Union Européenne, et notamment la Loi sur la transition énergétique, cet objectif n’a pourtant rien de nouveau.

L’Inde a promis de l’atteindre dès 2030, Volvo vient d’annoncer qu’il cesserait de produire des véhicules à essence et diesel dès 2019 pour se concentrer sur l’électrique et l’hybride, un pays comme la Norvège, grâce à des politiques publiques courageuses, approche les 50% de nouveaux véhicules immatriculés électriques ou hybride (record du monde, et de loin!). C’est de toute façon le sens de l’histoire. L’électricité peut être produite avec des énergies renouvelables, l’essence et le diesel non.

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La barre des 100 000 véhicules électriques franchies en France en mars

Et si la France n’est pas encore complètement convertie à cette technologie, elle figure dans le peloton de tête des pays passant progressivement à l’électrique. La barre des 100 000 véhicules tout électriques a été franchie en mars 2017, le marché est en très forte hausse depuis plusieurs années : entre 2011 et 2016 le nombre d’immatriculations annuelles est passé d’un peu plus de 2 600 véhicules à près de 22 000.

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Evolution des immatriculations de voitures électriques en France


2017 devrait être une année moins favorable, puisque sur le premier semestre, les ventes n’ont augmenté que de 9,8% (contre 26% entre 2016 et 2017) : mais dans le même temps le marché des hybrides a maintenu sa croissance, à +34,5% par rapport au premier semestre 2016, preuve que rouler avec un véhicule plus écologique concerne de plus en plus les Français.

Un marché phagocyté par la Renault Zoé

L’une des limites du marché français est sans doute qu’il se concentre sur peu de véhicules : la Renault Zoé truste près de 70% des ventes, la Nissan Leaf 10%, et le reste des modèles proposés les 20% restant.

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Pour autant, la mise en place d’un projet de recharge intelligente nommé Grid Motion par le groupe PSA prouve que Peugeot et Citroën veulent enfin s’imposer dans le monde des véhicules électriques, où leurs parts de marché, en France, sont négligeables. Grid Motion propose un prototype de recharge intelligente, qui offre aux utilisateurs la possibilité de recharger leur véhicule à un moment où l’électricité est moins chère, leur permettant de faire des économies.

L’électrique : une économie de 800 euros par an

Une étude a d’ailleurs démontré en avril 2017 qu’un automobiliste français qui passerait d’un véhicule à essence à un véhicule électrique économiserait 800 euros par an d’énergie en moyenne.

Menée par NewMotion, spécialiste européen de la charge de véhicule électrique, les conclusions de l’étude sont sans appel : « Le coût total d’acquisition d’un véhicule électrique est plus bas que celui d’un véhicule classique à essence. Si les véhicules électriques sont plus chers à l’achat et peuvent nécessiter un investissement supplémentaire pour la charge à domicile, les coûts de rechargement sont nettement moins chers comme le sont les coûts d’entretien, les assurances et les taxes, et les subventions publiques aident à réduire la facture à l’achat » précise l’étude.


Des aides financières nombreuses

En France, les aides financières sont ainsi nombreuses pour les acheteurs de véhicules électriques : un bonus de 6 000 euros est offert, qui peut passer à 10 000 euros en cas de destruction d’un véhicule diesel antérieur. Un crédit d’impôt de 30% est offert pour l’installation d’une borne de recharge à domicile. Des régions proposent des systèmes d’aide supplémentaires, en Normandie ou dans les Hauts de France notamment.

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D’autres aides existent, comme le dispositif Elec’Car mis en place par Engie, qui propose aux possesseurs de véhicules électriques de bénéficier, pendant trois ans, de 50% de réduction sur le prix de l’électricité en heures creuses, la nuit, période où les véhicules sont en général rechargés.

Une autonomie qui augmente

Au total, économiquement, un acheteur de véhicule électrique est gagnant par rapport à un véhicule à essence équivalent, et l’écart ne fera que croître dans les années à venir. D’autant que les principaux freins au développement du véhicule électrique sont en train d’être levés.

Les batteries atteignent désormais une autonomie de 300 kilomètres, largement suffisante pour les utilisateurs souhaitant effectuer des trajets courts, en ville, ou à moyenne distance. En moyenne, un Français roule 24 kilomètres par jour avec son véhicule.

Un réseau de bornes de recharge qui se densifie

Pour un départ en vacances sur 1 000 kilomètres, une recharge sera nécessaire, mais le réseau de bornes de recharge ne cesse de se renforcer en France. En juillet 2017, le nombre de bornes de recharge a dépassé le nombre de station service 16 800 contre 11 194.

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Et si la majorité de ces bornes proposent une charge « longue », entre 3 et 8 heures pour faire « le plein » de batterie, 800 bornes de charge rapides sont désormais disponibles, réparties sur l’ensemble du réseau autoroutier, soit une tous les 70 kilomètres : elles permettent une recharge en moins de 30 minutes. De quoi envisager sereinement de partir à l’autre bout du pays sans s’inquiéter ! Les directives européennes prévoient d’ailleurs de très larges investissements :l’objectif est d’atteindre les 8 millions de bornes de recharge à l’horizon 2030.

Certes, 100 000 véhicules électriques sur 36 millions de véhicules en France, ce n’est encore qu’une goutte d’eau. Mais la volonté politique, la réalité économiques et les efforts des industriels devraient convaincre de plus en plus de Français de basculer vers le véhicule électrique.

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