Alors que les objets connectés se multiplient dans notre quotidien, les commander à distance par un système de reconnaissance vocale devient un enjeu de taille pour les géants du numérique. En facilitant l’utilisation de ces objets, la commande par reconnaissance vocale les rend plus intuitifs, et la guerre fait rage pour dominer ce marché émergent mais ô combien prometteur. En la matière, Amazon, son haut-parleurs connecté Echo et son IA Alexa ont pris une bonne longueur d’avance – mais les nouveautés du Google Assistant sont plus que prometteuses. Etats des lieux.

Ce qui ne semblait voici quelques années qu’un cliché de science-fiction est en passe de devenir une réalité : demain, et pour une part dès aujourd’hui, nous pourrons déambuler dans notre maison en demandant à tous nos objets électriques de se mettre en marche, et ils obéiront à notre voix.

Les géants du web en pôle sur la commande vocale pour les particuliers

Les progrès considérables des techniques d’Intelligence Artificielle et de reconnaissance vocale y sont pour beaucoup, et, vues les sommes investies en rechercher et développement par les plus grands spécialistes du traitement des données, cette technologie n’en est sans doute qu’à ses balbutiements.

En la matière, les géants du web se battent pour s’imposer comme l’assistant personnel à commande vocale qui dominera le marché des particuliers. Si pour l’instant le Cortana de Windows, le Siri d’Apple ou le Bixby de Samsung restent limité aux ordinateurs et aux smartphones, Google Assistant et surtout Alexa d’Amazon se sont lancés dans la commande vocale des objets connectés.

Alexa, la revanche d’Amazon

Amazon avait une revanche à prendre dans le monde du numérique, après avoir échoué à imposer son Amazon AppStore et ses smartphones Firephones, à cause d’une entrée trop tardive dans le marché. C’est dans le domaine des objets connectés que la multinationale entend désormais prendre le leadership. Pour cela, il dispose d’un atout de taille, son assistant personnel Alexa.

Développé par le laboratoire Amazon Lab126, Alexa est capable de décrypter des demandes vocales et d’y répondre : mais sa force est d’avoir été le premier lancé sur le marché avec pour objectif de l’intégrer à des applications et à des objets connectés. Dès juin 2015, Amazon a lancé un kit de développement pour offrir à des développeurs n’appartenant pas à la société la possibilité de créer des applications. D’une centaine seulement début 2016, ces applications vocales, nommées « skills », sont plus de 10 000 un an plus tard.

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En parallèle Amazon a noué un nombre impressionnant de partenariat avec des entreprises pour qu’elles intègrent cet assistant dans leurs objets connectés. Parmi les plus notables, citons Whirpool et ses machines à laver, LG et ses frigos, Lenovo et ses enceintes et surtout Ford, dont les modèles équipés de Sync 3 seront équipé d’Alexa dès l’été 2017.

Amazon Echo, un haut-parleur intelligent au succès foudroyant

Mais ce qui a permis, pour l’heure, à Amazon de s’imposer auprès des particuliers, c’est la sortie, dès juin 2015, de son haut-parleur intelligent, Echo (déjà disponible dès novembre 2014 pour les membres d’Amazon Prime).

Cet objet connecté domotique, équipé de sept micro et d’Alexa, peut être installé n’importe où dans la maison : il suffit de le réveiller en appelant Alexa par son nom pour pouvoir ensuite lui demander de faire toutes les recherches possibles sur Internet, mais aussi de lancer des applications, de lire de la musique, de faire des commandes sur Amazon, de se faire lire les informations du jour – et, de plus en plus, de commander d’autres objets connectés qui intégrerait eux aussi Alexa.

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Personne ne s’attendait à un tel succès commercial : les ventes sur l’année 2016 dépassent les 6 millions, celle de l’année 2017 devraient franchir la barre des 10 millions, l’objet a été le cadeau de Noël le plus commandé sur le site d’Amazon fin 2016. C’est d’autant plus étonnant que, pour l’heure, Alexa ne « parle » qu’anglais et allemand, ce qui limite la diffusion du haut-parleur connecté aux pays anglophones et germanophones. L’effet de nouveauté a joué, mais également le prix : commercialisé à 199 dollars, Amazon Echo est 4 fois moins cher qu’un iPhone dernière génération.

Google Home, la réplique de Google

Ce succès surprise a forcé les concurrents d’Amazon à accélérer le développement de leurs propres haut-parleurs intelligents, associé à leur assistant à commande vocale. Google a sorti dès novembre 2016 son Google Home, équipé de son Google Assistant. Logiquement, la firme a elle aussi ouvert son kit de développement à des développeurs tiers, en visant une compatibilité maximale avec les objets connectés.

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La firme de Mountain View peut profiter de son expertise et de ses partenariats pour imposer son assistant à d’autres entreprises. Google Assistant a aussi l’avantage de parler le français, si bien que Google Home sera commercialisé en France dès cet été. Google vient d’annoncer que le taux d’erreur de sa reconnaissance vocale était tombée sous le 5%, battant les record d’IBM et de Microsoft.

Google veut profiter d’un produit plus modulable et fiable que l’Amazon Echo pour progressivement rattraper le géant de la vente en ligne, tout en capitalisant sur le fait d’avoir été le second à entrer sur le marché.

Apple et Microsoft préparent leurs ripostes

Apple serait de son coté en train de préparer un concurrent à Echo et Home, et qui sera équipé de l’assistant Siri, bien connu des utilisateurs de produits Mac : Apple compte sur une compatibilité maximale avec ses ordinateurs et smartphones pour imposer son haut-parleur connecté, malgré un retard conséquent.

Enfin Harman Kardon, désormais filiale de Samsung, a annoncé au début du mois de mai 2017, le lancement, à l’automne, d’un autre enceinte connectée : baptisée Invoke, elle bénéficiera de Cortana, l’assistant intelligent de Microsoft, qui équipe les 145 millions d’ordinateurs tournant sous Windows 10. Invoke possédera également une application Skype native, qui permettra d’utiliser directement l’outil de téléphonie IP – un atout conséquent s’il reste exclusif.

Reste à savoir si l’avance d’Amazon, en terme de sortie et, pour l’instant, de partenariats avec des entreprises développant des objets connectés, se maintiendra. Le cabine eMarker estime qu’à la fin 2017, Amazon détiendra 70,6% des parts de marché des haut-parleurs intelligents, contre 23,8% à Google.

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Cette bataille bénéficiera surtout au particulier curieux, qui souhaite commander vocalement ses objets connectés : une lutte acharnée entre des entreprises de cette puissance devrait considérablement accélérer le développement de solutions applicables dans nos maisons.

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