Le rapport annuel du GWEC (Global Wind Energy Council) sur l’état de développement de l’éolien dans le monde a été publié le 25 avril. Le marché est toujours largement dominé par la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne, mais des pays comme l’Inde, la France ou les Pays-Bas semblent vouloir enfin profiter d’un potentiel conséquent. Pour la première fois depuis longtemps, le parc installé a diminué entre 2015 et 2016 dans toutes les régions du monde, mais les perspectives de développement et de croissance restent considérables.

Tous les ans depuis 2006, le GWEC (Global Wind Energy Council) publie un rapport sur la puissance électrique éolienne installée au niveau mondial, par pays et par région, avec bilans et perspectives pour les cinq années à venir. Ce document est particulièrement attendu par tous les acteurs de l’énergie, et notamment des énergies renouvelables, pour étudier l’évolution de l’électricité éolienne dans le monde.

Puissance installée et production d’électricité : pourquoi ce grand écart ?

Précisons immédiatement que le GWEC ne délivre que des chiffres de puissance installée et non de production. En effet, à puissance installée égale, la production peut considérablement varier, notamment pour une énergie intermittente comme le vent. La production dépend du facteur de charge des éoliennes, c’est à dire de leur rentabilité, qui varie notamment en fonction de sa localisation (régularité et vitesse des vents) et de son niveau d’utilisation (une éolienne peut être stoppé pour maintenance, ou en arrêt forcé ou en production limité si la demande en électricité est faible).

En moyenne, en France, le facteur de charge se situe aux alentours de 24% pour les éoliennes. Mais les disparités mondiales sont conséquentes : la production éolienne annuelle des Etats-Unis est proche de celle de la Chine, alors que la puissance installée du parc chinois est deux fois plus élevée que celle des Etats-Unis – car le facteur de charge des éoliennes des Etats-Unis est deux fois plus élevé que celles de la Chine.

Une augmentation moins forte que prévue des installations

Sur l’année 2016, la puissance du parc éolien a augmenté de 54,6 GW, pour atteindre 486,8 GW en fin d’année. A titre de comparaison, plus de 60 GW avaient été installé en 2015, et le GWEC prévoyait un chiffre plus élevé en 2016 : les installations ont été en deça des estimations car la croissance attendue a été plus faible que prévue en Chine et dans les « marchés émergents » de l’éolien, comme l’Afrique du Sud, le Brésil, le Mexique ou le Canada.

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Augmentation des installations éoliennes par régions du monde

 

Chine et Etats-Unis, les deux géants mondiaux de l’éolien

Pour autant la Chine a encore renforcé sa place de leader du marché mondial de l’éolien en puissance installée. Sur l’année 2016, 23,3 GW supplémentaires ont été installés, soit 42% du total mondial en terme de nouvelles installations : près d’une éolienne sur deux mise en service en 2016 dans le monde l’est en Chine. On estime à 241 TWh la production annuelle du parc éolien chinois, soit 4% de la production du pays.

bilan-mondial-2016-eolienLes Etats-Unis ont installé 8,2 MW de puissance supplémentaire, pour un parc total de 82,2 GW et un production estimée à 226 Twh, soit 5,5% de la production américaine annuelle d’électricité. Dans certains Etats, comme l’Iowa ou le Dakota du Sud, la production éolienne représente 30% de la production totale.

L’Europe face à la question du stockage des énergies renouvelables

En Europe, l’Allemagne est de très loin le pays ayant installé le plus d’éoliennes en 2016, 5,4 GW supplémentaire, renforçant, là encore, sa place de mastodonte du marché éolien européen. On estime la production européenne totale à 300 TWh sur 2016, ce qui représente plus de 10% de la production totale d’électricité de l’UE : un chiffre qu’il convient de tempérer, car une part de cette production se fait en décalage avec les heures de consommation et ne peut pas être utilisée – ce qui explique les investissements et recherches faites dans l’Union sur le stockage des énergies renouvelables et sur les réseaux intelligents.

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Derrière ces trois locomotives, on retrouve deux pays émergents, le Brésil, qui a installé un peu plus de 2 GW de puissance éolienne supplémentaire, et l’Inde, avec 3,6 GW. La puissance totale du parc éolien indien atteint fin 2016 28,7 GW : l’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre le 60 GW à l’horizon 2022, et le GWEC prévoit en conséquence un renforcement des installations dans ce pays durant les cinq prochaines années.

La France bat son record annuel d’installation d’éoliennes

La France, de son coté, est le sixième pays en 2016 pour la mise en service de nouvelles éoliennes : avec 1,56 GW de puissance nouvellement installée, la France vient de battre son record national d’installation annuelle. Les pouvoirs publics français semblent vouloir continuer de miser sur cette énergie, qui a couvert 3,9% de la production électrique nationale en 2016. La production éolienne 2016 a légèrement baissé par rapport à 2015, malgré une puissance installée en augmentation de 13% : cela s’explique par des mois de septembre et de décembre particulièrement peu venteux, et illustre bien l’écart entre la puissance installée et la production.

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Un marché qui devrait rester dynamique d’ici 2021

Concernant les perspectives, le GWEC prévoit, avec la baisse des coûts d’installation, une croissance soutenue pour les cinq prochaines années, entre 10 et 12% d’installations supplémentaires tous les ans. Fin 2021, la puissance installée pourrait ainsi atteindre 817 GW, soit 67,8% de plus qu’aujourd’hui.

Un autre élément-clé de l’évolution de la filière sera le développement de l’éolien offshore. Le GWEC souligne son énorme potentiel et des coûts de production enfin en baisse. Né en Europe, l’éolien offshore est toujours dominé par le Royaume-Uni et l’Allemagne (près de 70% de la production mondiale à eux deux), mais s’ouvre à d’autres marchés.

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L’offshore, un enjeu de taille pour l’avenir

La puissance installée en Chine a bondi de 50%, pour dépasser les 1,6GW, les Etats-Unis viennent d’inaugurer leur première station offshore fin 2016, à Block Island. Et si l’Allemagne est le champion de l’année 2016 pour la puissance installée offshore, la seconde place revient aux Pays-Bas, avec un parc éolien offshore installée dans la mer du Nord pour plus de 700 MW de puissance.

Au-delà de cette question de l’offshore, le GWEC estime que les deux enjeux fondamentaux pour la filière sont de maintenir une baisse des coûts de production et de proposer des solutions de stockage efficaces, pour augmenter le facteur de charge et la rentabilité des éoliennes.

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