A la fin de l’année 2017, en France, deux des trois projets de déploiement industriels des Réseaux Electriques Intelligents (REI) ont annoncé leur rapprochement : SMILE et FLEXGRID ont choisi de fédérer leurs savoirs-faire. L’occasion de faire le point sur les dernières initiatives développées par ces deux projets capitaux pour l’avenir des smart grids en France. Aujourd’hui première partie, consacré à FLEXGRID.

Nous avons récemment présentés les trois projets de Réseaux Electriques Intelligents soutenus par le gouvernement français : lancé en avril 2016, FLEXGRID (Provence-Alpes-Côte d’Azur), SMILE (Bretagne et Pays de la Loire) et YOU & GRID (Métropole de Lille et Hauts-de-France) mettent en place un déploiement industriel de solutions smart grids.

Un rapprochement stratégique pour fédérer les enseignements du REI

A la fin de l’année 2017, deux de ces projets, SMILE et FLEXGRID, ceux dont le développement géographique est le plus large, ont annoncé leur rapprochement stratégique : l’objectif de cette union est de partager, mutualiser et fédérer les enseignements de leurs innovations et expérimentations, qu’il s’agisse de l’efficacité ou de la flexibilité électrique, de l’intégration des énergies renouvelables ou de la mobilité électrique.

Les deux projets gardent cependant leurs noms, leurs équipes et leurs développement autonomes : l’occasion de faire le point sur les dernières initiatives mises en place dans les trois régions.

FLEXGRID, des innovations concrètes

Du coté de FLEXGRID, plusieurs projets ambitieux ont démarré sur le second semestre 2017. La région PACA souffre en effet de ne produire que 40% de l’électricité qu’elle consomme, d’où son intérêt pour les nouvelles solutions offertes par les énergies renouvelables et les réseaux intelligents, dont elle est moteur depuis des années.

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« Le socle régional de recherche et d’entreprises porte à l’innovation. Flexgrid va explorer les solutions qui permettront au territoire d’assurer sa croissance sans contraintes énergétiques supplémentaires. Pour l’heure, nous avons toujours un temps d’avance » détaille Jacques-Thierry Monti, le directeur régional d’EDF.

So Flex’Hy, la flexibilité en combinant l’hydro-électricité et le photovoltaïque

C’est justement EDF qui vient de lancer le projet So Flex’Hy (pour soleil, flexibilité, hydraulique), un projet combinant les centrales hydrauliques de la chaîne Durance-Verdon et l’ensemble des fermes photovoltaïques de la région : So Flex’Hy est ainsi le « premier démonstrateur mondial de flexibilité hydroélectricité-solaire ».

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Le projet associe, outre EDF, la Société du canal de Provence, Aloe Energy, le CEA Cadarache et un agrégateur varois de production d’énergie renouvelable, Hydroption. « L’idée est d’optimiser les coûts sur le réseau sans investir lourdement dans des infrastructures nouvelles et de permettre un meilleur lissage de la production », détaille Pascale Sautel, chargée du projet pour EDF.

So Flex’Hy associe ainsi une production électrique intermittente (le photovoltaïque) avec une production électrique pilotable, avec quelques heures de latence (l’hydro-électricité), afin d’obtenir une production homogène et adaptée aux besoins de la région, en temps réel – et surtout 100% renouvelables.

Avignon PV Cold, une autoconsommation pour les industriels du froid

Dans le même temps, à Avignon, un projet vise une autoconsommation électrique d’entrepôts frigorifiques à l’aide d’une vaste centrale photovoltaïque. Baptisé Avignon PV Cold, ce projet est piloté par Storewatt, spécialiste provençal de l’énergie solaire, et le groupe logistique Stef.

« La consommation électrique augmente en période de forte chaleur, mais la production d’électricité photovoltaïque aussi. On peut imaginer parvenir à près de 100 % d’autoconsommation », précise Thierry Renard, dirigeant de Storewatt.

EllyBox, l’électricité photovoltaïque sans investissement pour les sociétés

A Sophia Antiopolis, Valenergies, une filiale de l’industriel français Valfidus, a développé la solution EllyBox, qui propose aux entreprises de se convertir à l’auto-consommation photovoltaïque, sans aucun besoin d’investissement.

Dans le détail, Valenergies finance l’installation des panneaux photovoltaïques de l’entreprise, des convertisseurs et du boitier qui pilote l’installation ; elle en assure également la maintenance, si bien que l’industriel n’a pas un euro à débourser pour s’équiper.

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Par la suite, Valenergies facture à l’industriel l’électricité photovoltaïque qu’il produit et qu’il consomme, en garantissant un tarif 10% plus bas que son tarif électrique de l’année précédente. La première entreprise à adopter EllyBox est WIT, un industriel niçois spécialisé dans l’électronique, qui a choisi de faire poser 120 mètres carré de panneaux photovoltaïques, couvrant 20% de sa consommation. « Les industries fortement consommatrices comprennent leur intérêt de combiner plusieurs solutions pour s’ajuster aux besoins », explique le directeur général de Valenergies, Olivier Béchu.

Flexigazelec, une micro-cogénération au gaz dans une copropriété niçoise

Toujours à Nice, une copropriété de 96 logements a vu des travaux métamorphoser son sous-sol : dans le cadre du projet Flexigazelec, les cuves à fioul, hautement polluantes, ont été remplacées par une solution qui utilise certes une énergie qui peut être fossile (ou renouvelable en cas de méthanisation), mais avec une efficacité énergétique décuplée – une micro-cogénération au gaz.

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La cogénération est une technique consistant à produire deux sources d’énergies différentes par un même procédé (le plus souvent de l’électricité par combustion, associée à la chaleur dégagée par ladite combustion). Elle permet d’éviter le gaspillage et augmente fortement le rendement de l’énergie choisie. Dans le cas de Flexigazelec, il s’agit de gaz naturel, qui est brûlé pour produire à la fois de l’électricité et de la chaleur, fournissant ainsi 100% de la consommation électrique, du chauffage et de l’eau chaude sanitaire de la copropriété.

« Une telle solution est moins encombrante, moins bruyante et moins polluante. La copropriété n’a pas besoin d’investir et on lui garantit une performance sur quinze ans qui fait baisser les charges des résidents », assure Camille Clément, ingénieur outils méthodes chez Engie Cofely France.

Quelques exemples d’initiatives concrètes, toutes tendues vers une optimisation de la consommation d’énergies. Rendez-vous demain pour évoquer les dernières nouveautés de SMILE, le projet REI de Pays-de-la-Loire Bretagne.

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