La mobilité électrique continue de progresser à pas de géant : plusieurs transporteurs mènent une politique volontariste en la matière, en convertissant une part maximale de leur flotte à l’électrique ; c’est notamment le cas de La Poste et d’UPS – ce dernier ayant même recours à un smart grid pour pouvoir électrifier la totalité de sa flotte londonienne. Présentation.

Le véhicule électrique continue de s’imposer comme la technologie qui dominera la mobilité de demain : se développant dans les transports publics, notamment les bus, et dans les véhicules individuels, il gagne également du terrain du côté des transporteurs de marchandises et colis légers.

Deux groupes illustrent cette prise de conscience des réalités climatiques et de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, imposant l’éco-mobilité au cœur de la stratégie de l’entreprise : La Poste, le groupe public français chargé de la distribution du courrier, et United Parcel Service (UPS), le groupe postal américain, un des leaders du marché mondial de la distribution de colis et de courrier.

La Poste : réduire de 20% les émissions de CO2 de la distribution de courrier

Du coté de La Poste, le groupe a lancé en 2012 un programme d’équipement des facteurs dont l’objectif est de réduire de 20% les émissions de CO2 par foyer desservi, en s’appuyant exclusivement sur des véhicules électriques. Huit ans après, la flotte de La Poste compte près de 26 000 véhicules électriques – soit le plus grand parc du monde.

Elle est pour l’heure composée de 18 500 vélos à assistance électrique, de 2 500 Quadeo, ces quads urbains électriques, et de 5 000 Renault Kangoo ZE. Mais le groupe est décidé à accélérer l’électrification de son parc de camionnettes, et le nombre de Kangoo électriques devraient doubler d’ici 2020, pour atteindre 10 000.

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« Les véhicules électriques représentent socialement un grand progrès”

“L’accueil des conducteurs a été bon parce que les véhicules électriques représentent socialement un grand progrès” explique Frédéric Delaval, le directeur technique de la branche service-courrier-colis de La Poste.

Un véhicule électrique est silencieux et souffre de beaucoup moins de vibrations d’un modèle diesel, ce qui rend la conduite plus agréable pour les postiers : Et puis, un véhicule électrique est plutôt dynamique. Pour un facteur qui doit continuellement quitter un flux de circulation ou le réintégrer, ce dynamisme est rassurant” complète Frédéric Delaval.

Pour autant, la gestion d’une flotte de véhicules électriques pose d’autres problèmes par rapport à des modèles diesel, notamment en terme de rentabilité, l’entreprise ne souhaitant pas que son choix de l’électrique lui coûte de l’argent : “un véhicule électrique coûte entre 1,4 et 1,8 fois plus cher que son équivalent thermique. Le modèle économique s’équilibre quand les véhicules électriques sont utilisés sur des plages horaires plus larges. Ainsi, le Renault Kangoo ZE est plus compétitif que la version diesel s’il parcourt 50 kilomètres par jour, six jours par semaine pendant six ans” expose Frédéric Delaval.

Une utilisation intensive pour assurer la rentabilité, une multiplication des bornes de recharge

Cela a imposé une nouvelle organisation pour le groupe : chaque véhicule n’est plus attribué à un seul facteur et passe beaucoup plus de temps sur les routes, passant entre les mains de trois conducteur par jour : En termes de rentabilité, nous sommes juste à l’équilibre puisque notre flotte est à quarante-six heures d’utilisation et non cinquante heures. Mais à l’origine, explique le directeur technique, nous avions intégré ces véhicules électriques au cœur des villes, ce qui a contribué à réduire les kilométrages effectués. Pour les modèles mis en service au cours des dix-huit derniers mois, nous avons atteint les 50 kilomètres quotidiens” précise Frédéric Delaval.

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Cette utilisation intensive, associée aux temps de charge, nécessite que chaque véhicule dispose de sa propre borne de recharge pour la nuit, seule période où les véhicules sont à l’arrêt. Soit, pour les 10 000 Kangoo ZE prévus pour 2020, un total de 10 000 bornes de recharge.

UPS : près de 20% de carburants alternatifs en 2016

Autre grande entreprise précurseur de l’éco-mobilité, UPS a lancé son premier véhicule électrique en 2001. Au niveau mondial, le groupe dispose, avec 9 000 véhicules, d’une des plus grandes flottes privées de véhicules à carburants alternatifs. Une majorité de ces véhicules sont électriques, mais UPS, déterminé à tester grandeur nature toutes les solutions disponibles, utilise également des hybrides électriques, hybrides hydrauliques, à l’éthanol, au gaz naturel comprimé (GNC), au gaz naturel liquéfié (GNL) et au propane.

En 2016, le taux d’utilisation de ces carburants alternatifs par UPS s’est approché des 20% ; le groupe a fixé un objectif de 40% pour 2025. Mais l’une des particularités d’UPS est de mettre en place des solutions smart grids s’appuyant sur la recharge intelligente pour augmenter le nombre de véhicules électriques dans ses flottes.

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Un smart grid pour améliorer la capacité de charge

Le groupe a expérimenté, avec succès, sa solution sur la ville de Londres. Jusqu’à récemment, seuls 65 véhicules sur les 170 de la flotte londonienne d’UPS étaient électriques : le réseau électrique de la ville limitait la recharge simultanée à ce nombre – à moins d’imposer de très coûteux travaux de réaménagement des installations électriques.

UPS a donc décidé de mettre en place une solution smart grids, associée à une unité de stockage, baptisée Smart Electric Urban Logistics (SEUL). Ce smart grid permet à UPS de disposer d’une recharge intelligente, qui se répartit tout au long de la journée et de la nuit, en fonction de l’électricité disponible que fournit le réseau local, en veillant à ce que le bâtiment conserve suffisamment d’électricité pour faire fonctionner l’activité logistique (éclairage, machines de tri et informatique).

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Passer de 65 à 170 véhicules rechargés, sans contrainte supplémentaire pour le réseau

Durant la journée, les véhicules étant presque tous sur la route, le smart grids recharge les batteries, en choisissant les moments où l’électricité est produite en surplus (milieu de matinée, après-midi). Pendant la nuit, les véhicules sont tous à l’arrêt : en fonction de l’heure à laquelle chacun d’entre eux doit partir effectuer une livraison, le smart grid détermine une priorité de charge. Et si les besoins dépassent la puissance disponible (ce qui est le cas toutes les nuits), le smart grids puise dans les batteries.

Ainsi SEUL permet d’assurer la charge de 170 véhicules au lieu de 65, sans contrainte supplémentaire pour le réseau londonien. “En plein cœur d’une mégapole, UPS estime qu’il s’agit d’une première mondiale. Nous utilisons les nouvelles technologies pour lever certains obstacles majeurs au déploiement des véhicules électriques, et l’usage de ces technologies vertes annonce une nouvelle génération de services de livraison urbaine durable d’une part à Londres et dans d’autres grandes villes du monde”, se félicite Peter Harris, directeur du développement durable chez UPS Europe.

Et si La Poste et UPS sont encore des pionniers, on peut souhaiter que leur exemple inspire de nombreux autres transporteurs, de par le monde.

 

 

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