En 2020, la Guyane disposera d’une centrale photovoltaïque de 55 MW, associée à une unité de stockage couplant hydrogène (pour l’essentiel) et batteries Lithium-Ion (en réserve), qui fournira une électricité durable, propre et continue. Le projet, piloté par le français HDF Energy, sera un fleuron de l’énergie renouvelable.

Proposer une centrale fonctionnant grâce à une énergie renouvelable intermittente (éolien ou photovoltaïque) mais qui fournit du courant aussi régulièrement qu’une centrale nucléaire ou thermique : tel est le défi que s’apprête à relever, en Guyane, le groupe bordelais HDF Energy (« HDF » pour « Hydrogène de France »).

Une centrale photovoltaïque de 55 MW dans l’ouest de la Guyane

Le 28 mai 2018, l’entreprise a annoncé la livraison, en 2020, de la Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG), un parc solaire de 55 MW situé à proximité de Saint-Laurent du Maroni, s’inscrivant dans les objectifs du département en matière d’énergies renouvelables.

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La Guyane produit actuellement en moyenne 910 GWh d’électricité par an, dont 410 GWh issu du thermique, essentiellement du fioul (45%), et 437 GWh d’hydroélectricité (48%). Les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont d’atteindre, en 2023, une production de 1 375 GWh, répartie entre 1 075 GWh d’énergies renouvelables et 300 GWh de thermique (fuel). Avec une production prévue de 50 GWh annuel, la CEOG participera largement à cet objectif.

HDF va industrialiser pour la première fois le stockage par hydrogène

La grande force de ce projet est qu’il associe les panneaux photovoltaïques à une unité de stockage s’appuyant sur la technologie de l’hydrogène, dont HDF est un spécialiste (le groupe va ouvrir l’année prochaine une usine de pile à combustible à Bordeaux).

Le principe de cette technologie est simple : l’électricité photovoltaïque produite sert à hydrolyser de l’eau, produisant de l’hydrogène (et de l’oxygène), stocké sous forme de gaz comprimé dans de grands conteneurs de 12 mètres de long. L’hydrogène ainsi stocké peut ensuite être brûlé dans une pile à combustible pour produire de l’électricité quand les panneaux n’en produisent pas (la nuit ou par temps couvert).

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La plus grande unité de stockage du monde, cumulant les avantages de l’hydrogène et des batteries

Cette technologie est déjà largement utilisée dans le monde, mais toujours sur des petites unités s’apparentant à des démonstrateurs. HDF va l’industrialiser avec la CEOG : la capacité de stockage par hydrogène de la centrale atteindra 120 MWh, auquel le groupe associera un stockage d’appoint par batteries Lithium-Ion à hauteur de 20 MWh. Soit un total de 140 MWh, davantage que les 129 MWh de la batterie géante inaugurée par Tesla en Australie !

« L’alliance de deux technologies de stockage permet de profiter des avantages de chacuneL’hydrogène stocke l’énergie sur de longues périodes, tandis que les batteries sont capables de restituer l’électricité très rapidement, dans la milliseconde. » expose Sylvain Charrier, le directeur du développement de HDF pour l’Outre-mer.

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Une disponibilité supérieure à une centrale thermique ou nucléaire !

La CEOG pourra ainsi fournir en électricité l’équivalent de 10 000 foyers, à raison de 10MW en journée (en prenant en compte le pic de consommation de fin de journée) et 3 MW la nuit en heures creuses. La prouesse est que cette double solution de stockage permet de proposer un courant photovoltaïque continu, sans coupure, équivalent (voire supérieur) en terme de disponibilité aux centrales au charbon, au fioul ou nucléaire !

 « Notre taux de disponibilité (le pourcentage du temps durant lequel la centrale est effectivement opérationnelle) est supérieur à 85 %, contre 83 % pour le thermique, 82 % pour le nucléaire, ou 18 % à 20 % pour le solaire » détaille ainsi Sylvain Charrier. Le procédé, baptisé Renewstable par HDF Energy, offre ainsi un courant continu, produit à partir du soleil et de l’eau, et rejetant uniquement de l’oxygène et de la vapeur d’eau.

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« La Guyane peut tendre vers l’autonomie énergétique »

Le plus impressionnant est peut-être que cette prouesse va être réalisée à un coût proche de la production moyenne d’électricité en Guyane, mais bien en dessous du coût de production dans l’ouest du territoire, une région plus difficile d’accès, en déficit électrique chronique, car dépourvue d’infrastructures énergétiques de grande ampleur.

Ce projet “démontre que la Guyane peut tendre vers l’autonomie énergétique, qui est réellement atteignable avec l’implantation de centrales de ce type. Il prouve également que la transition énergétique peut être vectrice d’emplois pérennes dans le cadre d’une activité économique saine. Nous serons ravis d’accueillir cette première mondiale qui confèrera également une visibilité internationale à la Guyane”, a précisé le président de la Collectivité territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre.

Produire une électricité stable à partir d’énergies intermittentes !

Le chantier devrait démarrer à l’été 2019, pour une mise en service prévue à l’automne 2020, employant durant la construction une centaine de personnes. Une trentaine d’emplois permanents seront créés pendant les 20 ans d’exploitation prévus de la centrale.

Le projet coûtera 90 millions d’euros, et sera intégralement financé par des fonds privés, apportés par HDF et des banques, en partenariat avec les autorités guyanaises, mais sans aucune subvention publique : « Nous sommes la preuve concrète que la production et le stockage à partir d’énergies renouvelables peuvent être économiquement rentables », se félicite Sylvain Charrier.

« CEOG est la démonstration de notre concept Renewstable, qui marque une date dans la transition énergétique. La baisse spectaculaire du prix de l’énergie solaire ou éolienne, conjuguée à l’apparition de solutions de stockage massif adaptées, permet de réaliser des projets de ce type dans un environnement économique concurrentiel » conclue Damien Havard, Président et fondateur de HDF Energy.

Produire une électricité stable à partir d’énergies renouvelables intermittentes : le tour de force est en effet plus que prometteur !

 

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