Le groupe de pression italien SOS Geotermia, qui lutte contre l’énergie géothermique, avait présenté plus tôt cette année des appels à des députés européens visant à faire adopter une nouvelle réglementation contre la géothermie sur la fausse affirmation selon laquelle cette technologie contribuerait au changement climatique. Bien que le groupe ait échoué et que les amendements aient été rejetés, il est clair que cette organisation représente une menace bien réelle pour le secteur géothermique européen.

SOS Geotermia est un groupe de pression italien composé principalement de « citoyens, d’associations et de comités » qui ont activement combattu l’énergie géothermique dans la région du mont Amiata, dans le sud de la Toscane.

Le groupe affirme que la géothermie est “des dizaines de fois plus polluante” et “modifie le climat” davantage que les centrales à combustibles fossiles, alors que de l’arsenic et d’autres polluants s’infiltrent dans l’approvisionnement en eau local des centrales géothermiques autour du mont Amiata. Néanmoins, ces affirmations ont été contestées par plusieurs études, notamment une menée par l’Université de Sienne. Un article publié en 2015 par Matteo Borzoni, Francesco Rizzi et Marco Frey (« Évaluation sociale et multicritères de scénarios alternatifs d’énergie géothermique : le cas du mont Amiata en Italie » (2015)), décrit l’historique et la base de ce conflit, initialement purement local.

A l’origine, l’opposition autour du mont Amiata consistait en des objections sur l’impact visuel des centrales géothermiques construites sur et autour des pentes des montagnes par Enel Green Power dans le cadre de la stratégie “Geotermia 2000” de cette société. Mais cette opposition au projet a été exacerbée par le fait que les usines, pouvant être exploitées et surveillées à distance, n’exigeaient pas d’emploi sur place. En outre, une évaluation effectuée au début des années 90 par la municipalité de Piancastagnaio a révélé que, dans la seule région d’Amiata, les émissions de certains polluants provenant de centrales géothermiques individuelles étaient bien supérieures à celles d’autres régions, telles que celle de Larderello, plus au nord. Le problème de la forte teneur en arsenic dans les sources d’eau potable locales a été résolu en 2009-2010 avec l’installation d’un certain nombre d’usines de réduction de l’arsenic, mais SOS Geotermia a continué de lier l’énergie géothermique à la pollution par l’arsenic.

La géothermie constitue un élément essentiel de l’économie italienne des énergies propres. Il existe actuellement au moins 1 GW d’électricité renouvelable provenant de la production géothermique installée dans le pays, représentant 6,2 térawattheures (TWh) par an.

Le secteur emploie aussi directement 3 000 personnes et 7 000 autres indirectement. Il est très innovant et exporte son savoir-faire dans le monde entier. Au cours des cinq dernières années, plus de 20 millions d’euros ont été investis en Italie dans la recherche, le développement et l’innovation dans le domaine de la géothermie, plaçant le pays à la pointe de l’innovation.

Les centrales géothermiques italiennes, en particulier en Toscane, fournissent de la chaleur renouvelable à faible coût aux ménages et aux entreprises, remplaçant les milliers de chaudières à combustible fossile et leurs émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de particules.

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