Meta a annoncé, le 14 juillet, le déploiement d’un arsenal de mesures inédites sur Facebook pour contrer la prolifération de contenus dits « non originaux ». Dans la foulée d’une décision similaire prise par YouTube quelques jours plus tôt, le géant californien s’attaque frontalement aux vidéos recyclées, aux publications clonées, et aux usages abusifs de l’intelligence artificielle générative. Derrière cette réforme, un objectif clair, celui de rétablir la visibilité des créateurs authentiques et enrayer l’économie parallèle des faux profils monétisant sans produire.
Meta s’aligne sur YouTube pour protéger la création originale
Après que YouTube a revu ses politiques début juillet pour encadrer la diffusion de vidéos répétitives ou générées en masse par IA, Meta emboîte le pas avec fermeté. L’entreprise annonce vouloir assainir Facebook en ciblant les comptes qui « réutilisent systématiquement des textes, des photos ou des vidéos d’autres créateurs ».
À la clé, des sanctions immédiates, exclusion temporaire des programmes de monétisation, déréférencement des publications, et mise en place d’un mécanisme de redirection vers le contenu original. Dès ce mois-ci, Meta amorce un déploiement progressif de ces nouvelles règles sur ses plateformes. L’objectif est d’agir à la racine des abus, tout en évitant de pénaliser les créateurs légitimes qui participent aux tendances, réalisent des vidéos de réaction ou remixent des formats avec une valeur ajoutée identifiable.
Une offensive contre les duplicateurs et les faux profils
Les chiffres avancés par Meta illustrent l’ampleur du phénomène. En six mois, la société affirme avoir supprimé 10 millions de profils usurpant l’identité de créateurs et sanctionné 500 000 comptes pour comportement jugé frauduleux. Ces profils profitaient d’un effet de masse, recyclant des contenus viraux sans autorisation, souvent avec l’appui de logiciels automatisés.
Dans un billet publié sur le site officiel, Meta précise dans des propos rapportés par Forbes : « Trop souvent, le même mème ou la même vidéo réapparaît sans cesse, parfois depuis des comptes se faisant passer pour le créateur, d’autres fois depuis divers comptes indésirables. Cela ternit l’expérience pour tous et rend plus difficile l’émergence de nouvelles voix. » Désormais, lorsqu’un doublon est détecté, Facebook réduira sa diffusion et pourra apposer un lien vers le post original, afin que l’auteur légitime soit crédité et bénéficie des vues. Ce système est actuellement en phase de test.
L’ombre des intelligences artificielles et du « AI slop »
Dans le viseur de Meta se trouve une catégorie de contenus particulièrement problématique : les productions générées automatiquement par IA, connues sous l’appellation de « AI slop ». Il s’agit de vidéos sans substance, souvent composées de diaporamas banals, accompagnés de narrations synthétiques et recyclant des contenus déjà publiés. Ces formats, massivement diffusés grâce aux outils de génération automatique, engorgent les flux de Facebook et Instagram.
Ils rendent difficile l’émergence de contenus originaux et sapent l’engagement utilisateur. Meta n’a pas explicitement lié ses nouvelles mesures à la lutte contre l’IA générative, mais le lien est suggéré à travers les recommandations données aux créateurs : « éviter les montages sans contexte », « ne pas se contenter d’un watermark », ou encore « privilégier des narrations authentiques plutôt que des contenus sans valeur ajoutée ».








