Le Pixel 9 parle dauphin (presque) couramment : Google transforme votre téléphone en traducteur sous-marin

Le projet repose sur une base de données colossale d’enregistrements de dauphins tachetés de l’Atlantique, collectés depuis près de quarante ans.

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Dauphin Ia Traduction
Le Pixel 9 parle dauphin (presque) couramment : Google transforme votre téléphone en traducteur sous-marin | Les Smart Grids

Après les humains, Google veut que ses smartphones traduisent les dauphins. Et non, ce n’est pas une blague. Grâce à une IA embarquée sur ses téléphones Pixel, la firme californienne ouvre un nouveau terrain de jeu à l’intelligence artificielle… au sens littéral.

Un Pixel, une IA, un dauphin : bienvenue dans la science version Google

Vous connaissiez « Live Translate », la fonction de traduction instantanée des Pixel ? Oubliez ça. Place à DolphinGemma, une IA développée par Google en partenariat avec Georgia Tech et les biologistes marins du Wild Dolphin Project (WDP). Objectif : analyser, comprendre et reproduire les vocalisations des dauphins… directement depuis un Pixel 6 ou Pixel 9.

Le projet repose sur une base de données colossale d’enregistrements de dauphins tachetés de l’Atlantique, collectés depuis près de quarante ans. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces sons ne sont pas de simples cris de joie ou d’alarme : ils obéissent à une structure complexe, faite de sifflements signatures, de clics rythmiques et de burst pulses, ces salves ultrarapides émises lors de jeux ou de conflits. DolphinGemma, dérivée des modèles audio Gemma de Google, a pour mission d’en décoder la logique. Et surtout, de les reproduire pour répondre aux cétacés.

Traduire le langage des dauphins : Comment ça marche techniquement ?

Le génie du système tient dans son intégration hardware. Oubliez les caissons hermétiques et les stations de traitement de données sous-marines : tout se passe sur le smartphone. Le modèle DolphinGemma fonctionne en local, via un Pixel 6 (et encore plus efficacement sur un Pixel 9, selon Google), grâce à la puissance des puces Tensor G3 et à un composant audio spécifique : le SoundStream tokenizer.

Ce module transforme les sons reçus en unités de traitement que l’IA peut interpréter en temps réel. Résultat : le téléphone reconnaît des séquences sonores associées à un comportement, et peut émettre un son artificiel conçu pour stimuler une réponse. Le tout s’exécute via un dispositif porté par un plongeur, baptisé CHAT (Cetacean Hearing Augmentation Telemetry). Il combine micro, émetteur sonore et casque à conduction osseuse.

Les dauphins parlent-ils vraiment ?

Voici un cas d’école : un chercheur tient un jouet dans une main, lance un sifflement synthétique correspondant à « jouet » via le Pixel, et observe. Si le dauphin reprend ce même son plus tard pour réclamer l’objet, bingo : il a compris l’association entre le son et le concept. C’est simple, non ? Eh bien pas tant que ça.

Car comme le rappellent plusieurs experts, imiter un son ne signifie pas le comprendre. Thea Taylor, du Sussex Dolphin Project, explique : « Il faut distinguer la répétition conditionnée — façon chien qui donne la patte — de la compréhension sémantique. »

IA, langage et cétacés : les limites du rêve

Les dauphins ont un cerveau impressionnant, une organisation sociale évoluée, et un répertoire acoustique très riche. Mais ont-ils un langage ? Rien n’est moins sûr. Arik Kershenbaum, zoologiste à Cambridge, reste prudent : « Le langage suppose une complexité infinie. S’il faut un sifflement par objet, ce n’est pas un langage. »

Cela n’empêche pas Google d’explorer toutes les pistes. Dans le blog officiel de la firme, les ingénieurs espèrent que l’open source de DolphinGemma, prévu pour l’été, permettra d’adapter le système à d’autres espèces.

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