L’AIE prévoit une forte hausse mondiale de la demande d’énergie

Portée par l’essor des renouvelables et par la soif de calcul des centres de données, la demande mondiale d’énergie entre dans une phase d’expansion durable, selon l’AIE. Le World Energy Outlook 2025 annonce une ère électrique où l’Energie devient l’ossature de la croissance mondiale, bousculant les équilibres fossiles et les réseaux électriques.

Publié le
Lecture : 3 min
L’AIE prévoit une forte hausse mondiale de la demande d’énergie
L’AIE prévoit une forte hausse mondiale de la demande d’énergie | Les Smart Grids

Publié le 12 novembre 2025, le World Energy Outlook 2025 de l’AIE dresse le portrait d’un monde « assoiffé d’énergie ». Ce rapport de référence anticipe une augmentation massive de la demande d’Energie dans les décennies à venir. Cette croissance est alimentée à la fois par les usages traditionnels, transport, chauffage, climatisation, dans les pays du Sud, et par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) dans les économies avancées. « La croissance vertigineuse de la demande des centres de données et de l’IA contribue à faire augmenter la consommation d’électricité dans les économies avancées », a souligné Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, dans des propos rapportés par Le Monde.

L’AIE et l’avenir de l’Energie : trois scénarios, une même électrification

Dans son rapport, l’AIE propose trois scénarios pour l’avenir de l’Energie mondiale : le Current Policies Scenario (CPS), fondé sur les politiques déjà en vigueur ; le Stated Policies Scenario (STEPS), qui intègre les engagements annoncés par les États ; et enfin le Net Zero Emissions Scenario (NZE), qui trace la trajectoire vers la neutralité carbone d’ici 2050. Ces modèles, largement repris par la presse économique, visent à anticiper les dynamiques structurelles de l’Energie, entre transition et sécurité. L’un des constats majeurs de ce rapport est l’entrée du monde dans ce que l’AIE appelle « l’ère de l’électricité ». Dans tous les scénarios, la part de l’électricité dans la consommation totale d’Energie augmente, portée par la croissance démographique, l’urbanisation et la digitalisation des usages. L’agence estime que, dans le scénario STEPS, la pointe de demande d’électricité grimpera d’environ 40 % d’ici 2035, traduisant une tension inédite sur les infrastructures et la production.

Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs. Dans les pays émergents, la demande d’Energie reste tirée par la montée du niveau de vie et l’accès progressif à l’électricité pour des millions de foyers. Dans les économies avancées, le moteur principal devient l’explosion des besoins liés aux technologies de l’information. L’Energie devient ainsi le cœur battant de la révolution numérique : l’IA, la robotique, la cybersécurité ou encore la blockchain requièrent une puissance de calcul et de stockage d’une ampleur sans précédent. Fatih Birol appelle les gouvernements à anticiper cette mutation afin d’éviter des déséquilibres durables entre l’offre et la demande d’Energie.

Energie : renouvelables en plein essor, pétrole en plateau et nouveaux arbitrages

L’autre enseignement du rapport concerne la recomposition du mix énergétique mondial. Selon l’AFP, l’AIE anticipe un essor rapide des énergies renouvelables et un plateau du pétrole autour de 2030, dans les scénarios où les politiques climatiques se poursuivent à leur rythme actuel. L’éolien et le solaire deviennent les piliers du nouvel équilibre, tandis que l’hydrogène bas carbone et le nucléaire retrouvent une place stratégique dans plusieurs régions, notamment en Asie et en Europe. Mais cette transition ne s’effectue pas sans heurts. L’agence souligne que les combustibles fossiles continuent de représenter près des deux tiers de l’approvisionnement mondial en Energie, malgré la progression rapide des renouvelables.

Cette dépendance structurelle, conjuguée aux tensions géopolitiques sur les marchés du gaz et du pétrole, fragilise les équilibres de l’Energie mondiale. Dans le scénario STEPS, la demande de charbon recule, mais reste soutenue par certains pays asiatiques, tandis que le gaz conserve une fonction d’appui aux réseaux électriques. Parallèlement, le rapport met en lumière une mutation spectaculaire des flux d’investissement. Selon Reuters, les centres de données pourraient mobiliser 580 milliards de dollars d’investissements en 2025, soit davantage que les 540 milliards consacrés chaque année à l’approvisionnement pétrolier. Ce basculement symbolique traduit la montée en puissance de l’économie numérique dans la hiérarchie des priorités d’Energie.

L’AIE appelle donc à un changement de paradigme : pour garantir la stabilité des systèmes électriques, il faut renforcer massivement les réseaux, améliorer leur flexibilité et accélérer le déploiement du stockage. Ces questions deviennent le cœur de la stratégie énergétique mondiale, marquant l’entrée de plain-pied dans une nouvelle ère industrielle de l’Energie.

Suivez-nous sur Google News Les-smartgrids.fr - Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share to...