Les zones insulaires bénéficient aussi des smart grids

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Le déploiement des smart grids dans les zones insulaires transforme ces territoires non interconnectés en vitrines de l’efficacité énergétique. Cela pourrait répondre à leur besoin de réduction des coûts de production et d’autonomie énergétique.

Les variations liées aux énergies renouvelables empêchaient encore récemment les réseaux électriques des zones insulaires de fonctionner entièrement avec ces seules sources énergétiques. L’arrivée des smart grids dans les zones non interconnectées pourrait toutefois bien leur assurer, à l’avenir, une meilleure sécurité énergétique.

Ce défi touche une part importante de la production d’électricité française qui possède la particularité d’alimenter de nombreuses zones non interconnectées, des zones insulaires sur la plupart des océans de la planète. Ce qui n’est pas sans poser un casse-tête aux producteurs énergétiques qui doivent alors produire localement, entièrement dans les territoires ultramarins et partiellement en Corse.

L’ère de la transition énergétique et la géographie des zones insulaires imposent de rechercher des solutions bas carbone. Des actions ciblées via l’installation de micro-réseaux faisant appel aux énergies renouvelables présentes sur le terrain facilitent alors un équilibre entre la demande et l’offre énergétique. De telles innovations peuvent néanmoins difficilement s’élaborer sans le soutien des smart grids. Cette technologie favorise dans les zones insulaires une augmentation du seuil d’insertion des énergies renouvelables variables tout en offrant une réduction des coûts ainsi qu’une maîtrise de la consommation. Au final, les utilisateurs de ces micro-réseaux deviennent acteurs de leur demande énergétique, bénéficient d’une flexibilité leur permettant les effacements, le pilotage de charge, l’autoconsommation voire le stockage de l’énergie chez eux.

Pallier les variations de production dans les zones insulaires

Malgré une géographie favorable, la proportion d’électricité produite sur base d’énergies renouvelables ne pouvait pas dépasser les 30% dans les zones insulaires avant 2014. Bien que les îles bénéficient de soleil, du vent et de la mer en abondance, l’utilisation des énergies renouvelables se limitait à un seuil technique depuis 2008 afin de protéger le réseau face aux variations des énergies intermittentes. La Commission de régulation de l’énergie a finalement proposé en juin 2014 de laisser chaque zone décider de son propre seuil selon sa capacité de production, de régulation et de stockage.

Les opérateurs énergétiques ont donc expérimenté le déploiement de smart grids pour stabiliser les systèmes insulaires et gérer l’impact des intermittences sur le réseau. Cette technologie intelligente permet ainsi de superviser, commander et contrôler les installations voire de les couper en cas de dépassement du seuil.

En 2009, le Comité interministériel de l’Outre-mer avait déjà statué sur l’importance de transformer les zones insulaires en territoires pilotes du développement durable. Après quelques années de recherche et développement dans les smart grids, EDF Systèmes Energétiques Insulaires (EDF SEI) s’est lancé dans l’aventure. Dans sa feuille de route « Réseaux intelligents », mise à jour en novembre 2016, l’entreprise mentionnait huit projets d’implémentations de smart grids aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord ou latine voire en Afrique.

Davantage de données pour davantage de services

Les technologies de communication installées sur les réseaux intelligents favorisent en outre l’open data. L’ambition étant de permettre aux citoyens, aux entreprises, aux start-ups innovantes, aux services publics… des zones non interconnectées de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes électriques insulaires et de parfaire leurs projets de transition énergétique. EDF SEI a, par exemple, initié en 2016 la publication de plateformes en open data sur la production d’électricité incluant la part d’énergies renouvelables, la structure de la consommation énergétique et le fonctionnement des réseaux.

Au-delà de l’évolution de la collecte des données, l’essor des smart grids dans les zones non interconnectées va de pair avec celle des technologies de stockage de l’énergie, les batteries. Depuis 2015, l’île de Graciosa dans les Açores bénéficie de la technologie de stockage lithium-ion de la société Leclanché. Le micro-réseau mis en place devrait ainsi connaître une augmentation 50% de sa production intermittente d’énergie. A La Réunion, la star-up Powidian s’est engagée auprès d’EDF à alimenter en électricité les foyers d’une soixantaine de familles du cirque de Mafate, uniquement accessible à pied ou en hélicoptère. Cela passe par l’installation d’un dispositif photovoltaïque couplé d’un micro-grid avec stockage intelligent à l’hydrogène mis en service le 27 avril 2017.

La tendance d’utiliser au maximum les énergies renouvelables dans les zones insulaires est désormais lancée. Le défi que représente les DOM peut s’inspirer de projets fructueux développés ailleurs en Europe. L’île de Samso au Danemark ou celle d’Eigg en Ecosse ont, elles aussi, tenté d’atteindre l’objectif d’une énergie 100% renouvelable, mais restent encore partiellement alimentées par des câbles du continent. L’île d’El Hierro aux Canaries est quant à elle parvenue, en à peine deux ans, à une production moyenne de 50 % d’énergie photovoltaïque et éolienne alors que l’objectif européen est de de 20% d’ici à 2020.

 

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