Selon les Nations Unies, la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la sécurité alimentaire et le développement d’une éducation de qualité pour tous dépendent en grande partie de la modernisation des services énergétiques, et donc du développement des smart grids.

Le 1er novembre dernier, lors du symposium de haut niveau sur l’interconnexion énergétique, organisé au siège de l’ONU, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a une nouvelle fois lancé un appel à la communauté internationale. Selon lui, il est urgent de « redoubler d’efforts pour produire une énergie à la fois propre et abordable à un rythme qui satisfera la demande croissante sans porter préjudice à l’environnement ».

Pour M. Guterres, le monde doit appréhender le double défi de la pauvreté énergétique et du changement climatique en « transformant les systèmes énergétiques mondiaux au bénéfice de tous ». « Environ un milliard de personnes vivent encore sans aucun accès à l’électricité, dont 500 millions en Afrique et plus de 400 millions dans la région Asie-Pacifique. Trois milliards d’individus continuent de cuisiner et de chauffer leurs maisons sans avoir recours à des carburants propres et à des technologies plus efficaces », estime l’ONU.

D’où l’urgence de renforcer l’interconnexion énergétique mondiale, notamment via le déploiement des smart grids. « Avec les réseaux intelligents, il est maintenant possible de générer, transmettre et distribuer l’énergie efficacement, en réduisant les pertes de transmission et en fournissant des services énergétiques propres, abordables, économiquement viables et respectueux de l’environnement », s’enthousiasme M. Guterres.

En Europe, les compteurs communicants deviennent la norme

Une conviction largement partagée par la Commission européenne qui a adopté, en 2009, la directive en faveur de règles communes pour le marché de l’électricité, matérialisant ainsi sa volonté de moderniser les réseaux électriques. Cette volonté de modernisation s’est traduite par le déploiement rapide, dans plusieurs pays européens, des compteurs communicants, première étape dans la mise en place des smart grids.

Les Etats membres « se sont engagés à déployer près de 200 millions de compteurs communicants pour l’électricité et 45 millions pour le gaz d’ici 2020, pour un investissement potentiel total de 45 milliards d’euros. D’ici 2020, on s’attend à ce que près de 72 % des consommateurs européens disposent d’un compteur communicant pour l’électricité et 40 % d’un compteur communicant pour le gaz », peut-on lire sur le site internet de la Commission.

A ce jour, l’Italie, la Suède, la Finlande et l’Espagne ont déjà terminé l’installation de ces fameux compteurs. En France, le déploiement est en marche depuis 2015. Linky, le compteur communicant développé par Enedis (ex ERDF), devrait ainsi remplacer les 35 millions d’anciens compteurs présents sur l’ensemble du territoire français d’ici 2021. Le nouveau boîtier vert pomme permettra aux abonnés de suivre leur consommation d’énergie en temps réel, outil indispensable à une meilleure gestion du budget électricité de leur logement.

L’Allemagne s’éloigne de ses objectifs climatiques

Les compteurs communicants et les smart grids se révèlent être une condition indispensable de la transition énergétique. Les chiffres ne trompent pas : plus de 700 millions de compteurs communicants sont actuellement installés dans le monde, et leur nombre devrait atteindre 1,5 milliard en 2021.

Il est toutefois un cas au sein de l’Union européenne qui inquiète les experts. L’Allemagne s’était engagée à installer plus de 10 millions de compteurs communicants d’ici 2020, mais Berlin a annoncé en 2015 que les compteurs ne seraient rendus obligatoires que pour les foyers énergivores. Une position à contre-courant des directives de l’Union européenne.

D’autres décisions prises récemment outre-Rhin laissent légitimement penser que l’Allemagne pourrait rater les objectifs climatiques qu’elle s’était imposés, à savoir une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2020 par rapport au niveau de 1990.

Une « série d’erreurs d’appréciation du développement économique » expliquerait cette situation, selon le ministère fédéral de l’Environnement allemand. Mais le manque d’ambition politique est également pointé du doigt dans un pays toujours aussi dépendant au charbon et dans lequel les énergies renouvelables traversent une zone de turbulences. Souvent érigée en exemple par les écologistes européens dans le passé, par sa décision de ne pas rendre obligatoires les compteurs communicants, l’Allemagne pourrait bien devenir celui à ne pas suivre…

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