Dans une société où les déchets et leur recyclage ne sont encore que trop peu considérés, une jeune société des Boûches-du-Rhône a décidé de briser la chaîne du désintérêt et proposer aux Français – plus soucieux que jamais de connaître l’origine des produits qu’ils consomment – de s’assurer que leur emballage en plastique ou en carton qui contenait l’objet de leur désir soit placé dans les meilleures conditions pour entamer sa nouvelle vie. Avec Cliink, le tri sélectif est abordé du côté trivial (avec un système de rétributions), afin d’allier le nécessaire à l’agréable.

Les Smart Grids : La collecte des déchets recyclables n’est pas encore « normalisée » en France selon les communes (assuré à domicile par les services communaux dans certaines, stations de recyclage fixes dans d’autres, pas du tout ailleurs), pensez-vous que cela soit possible dans un futur proche ?

Lionel Maddalone : À notre connaissance la collecte des déchets recyclables est assurée en régie dans certaines collectivités, par des prestataires privés dans d’autres. Dans certains cas, cela peut être un mix des deux. Sans oublier que des collectivités se regroupent en syndicat mixte (EPCI) pour assurer la collecte des déchets recyclables afin d’homogénéiser la démarche et d’en réduire les coûts.

LSG : La situation concernant la gestion des déchets à l’échelle mondiale est présentée de façon alarmiste dans les médias grand public (en France du moins), estimez-vous qu’il existe effectivement une urgence en la matière ?

LM : En tout état de cause, les déchets constituent la deuxième source de pollution après la pollution atmosphérique. Compte tenu de l’accroissement de la population mondiale, de la hausse du niveau de vie, la production des déchets ménagers va crescendo. Industriels, pouvoirs publics et société civile doivent se concerter pour assurer une gestion responsable et durable de notre planète.

LSG : La France est-elle un bon élève en matière de recyclage des déchets ?

LM :Ce n’est ni le plus mauvais ni le meilleur en matière de pollution au sein de l’Union européenne car nous pouvons mieux faire. C’est la raison pour laquelle nous proposons une solution incitative et connectée au geste de tri.

LSG : Pensez-vous qu’il existe un potentiel économique inexploité qui pourrait faire évoluer la gestion actuelle des déchets (possibilité de les transformer en énergie à l’échelle locale par exemple) ?

LM : Oui, cela existe déjà, puisque les déchets ménagers résiduels produisent du bio gaz transformé en électricité verte. Pour les produits recyclables, il existe des filières qui redonnent une nouvelle vie aux matériaux recyclés (verre, canette, emballage plastique, bois).

LSG : La collecte des déchets est un combat au jour le jour pour les services municipaux, en particulier dans les grandes villes, en quoi votre solution peut aider à rééquilibrer les forces ?

LM : Terradona (société à l’origine de Cliiink, ndlr.) propose une solution gagnante pour les collectivités, car chaque tonne triée n’est ni enfouie ni incinérée. La collectivité réduit ses coûts (TGAP) l’usager gagne en pouvoir d’achat et le commerce local est redynamisé.

LSG : Vous avez choisi de privilégier un système qui récompense plutôt qu’un autre qui sanctionnerait.

LM : Les deux ne sont pas incompatibles, il est possible de sanctionner les abus tout en récompensant les bons gestes. Les valeurs de notre entreprise nous ont incité à valoriser le geste citoyen plutôt qu’à le punir, c’est la raison pour laquelle nous avons pensé à développer la solution Cliiink qui réconcilie plaisir et développement durable tout en dynamisant le commerce local.
Trier par envie, c’est la promesse faite par le système « Cliiink® » créé par notre société Terradona pour récompenser les bons trieurs.

L’usager se connecte à une box fixée sur les conteneurs de tri existants à l’aide d’une application mobile gratuite ou d’une carte sans contact. Il récolte des points à chaque emballage déposé qu’il peut convertir en bons d’achat dans les magasins locaux, grandes surfaces, musées, parcs de loisirs ou encore faire un don à des associations caritatives. La récompense étant dématérialisée il n’y a plus de limites.

À la fois ludique, incitatif et pédagogique, le système donne envie aux petits et grands de trier par son côté interactif. L’application mobile offrant la possibilité de connaître l’économie en CO2 réalisée par son geste de tri.

LSG : Dans quelle mesure votre solution s’inscrit dans le concept de Smart City ?

LM : Notre société s’inscrit dans une gestion raisonnable des ressources, puisque la solution Cliiink incite au recyclage des déchets ménagers. Aujourd’hui le verre, demain le papier, le plastique, les canettes…

LSG : Dans quelles villes françaises est disponible votre solution ?

LM : Nous allons implanter les villes de Monaco et de Grasse d’ici fin 2017/début 2018 d’autres villes suivront, mais nous ne pouvons vous en dire plus pour le moment.

LSG : Quels sont vos futurs projets d’expansion ?

LM : Développer la solution Cliiink à l’échelle internationale, car le recyclage dépasse le cadre des frontières d’un pays.

Propos de Lionel Maddalone, responsable de la communauté Cliiink, recueillis par Julien Jormot.

Plus d’information sur Cliiink.

Comprendre le système Cliiink en moins d’une minute

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