Après une année 2016 marquée par une baisse des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables, l’année 2017 les a vu remonter de 16%. Dans un contexte de baisse des coûts de ces énergies, cela confirme une demande mondiale en forte hausse. Une preuve supplémentaire que la transition énergétique est bien en marche.

2016 avait pu sembler marquer un coup d’arrêt, qui n’était qu’apparent ; 2017 le prouve de manière éclatante : les investissements dans les énergies renouvelables ont, plus que jamais, le vent en poupe (par énergies renouvelables nous entendons, essentiellement, l’éolien et le photovoltaïque).

2016 : un record d’installations d’EnR, mais des investissements en baisse

L’année 2016 avait eu cela de paradoxal que les installations d’énergies renouvelables, au niveau mondial, avaient battu un nouveau record, avec plus de 138 GW de puissance supplémentaire disponible ; mais que, dans le même temps, les investissements pour ces mêmes énergies avaient baissé, pour la première fois depuis 2013, et significativement.

Le rapport annuel sur le sujet de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) le prouvait de manière éclatante : les sommes alloués à de futures installations renouvelables était passé de 312 milliards de dollar en 2015 à 242 milliards en 2016 – soit une baisse de 23%. Précisons que ces chiffres ne prennent pas en compte les projets d’hydroélectricité de plus de 50 MW : la petite hydroélectricité est prise en compte, pas la « grande ».

energies-renouvelables-investissements-hausse

Installer plus de puissance en investissant moins

Pour autant les analystes financiers n’estimaient pas que cette baisse indiquait un recul des volontés publiques et privés de développement éolien et photovoltaïque, mais qu’elle provenait avant tout de la baisse des coûts de ces énergies : « L’éolien et le solaire sont plus compétitifs que le charbon ou le gaz – voire les deux – en terme de coûts dans un nombre croissant de pays » précise le rapport de BNEF.

Les coûts baissant, un dollar investi correspond à davantage de puissance installée – si bien que malgré une baisse des investissements en volume monétaire, ces investissements couvrent des puissances installées en hausse. Les premières estimations de BNEF tablent en effet, pour l’année 2017, sur un record de nouvelles puissances installées à 160 GMW dans les énergies renouvelables, dont 98 GW de solaire et 56 GW d’éolien.

energies-renouvelables-investissements-hausse

2017 : les investissements remontent, les coûts continuent de baisser

Dans ce contexte, les chiffres du nouveau rapport de BNEF, pour l’année 2017, sont encore plus impressionnants : car les coûts de l’éolien et du photovoltaïque ont continué de baisser, mais les investissements, eux, sont repartis à la hausse. Ils dépassent les 273 milliards de dollars, soit une hausse de près de 16%.

Cette hausse est dû majoritairement à l’explosion des investissements dans le photovoltaïque, qui ont atteint le chiffre de 160,8 milliards de dollars, en nette augmentation par rapport à 2016. Le nouveau plan solaire de la Chine est l’une des principales explication de ces chiffres, mais le photovoltaïque est privilégié un peu partout dans le monde.

Le photovoltaïque impose sa dynamique dans le monde

Cette technologie a en effet atteint un taux de maturité élevé : ses coûts continuent de baisser mais la production d’une nouvelle centrale peut être prédite avec une grande prédiction à un horizon d’une dizaine d’années (pour « lisser » les écarts d’ensoleillement d’une année sur l’autre).

Son caractère intermittent est beaucoup mieux maîtrisé et pris en compte dans les schémas d’investissement, notamment dans le cadre d’une stratégie smart grid. Elle est fiable, facile à installer, rentable, propre – ce qui explique largement ce plébiscite.

Symptomatiquement, en France, EDF a annoncé un vaste plan d’investissement dans le photovoltaïque plutôt que dans l’éolien, pour la maturité de cette technologie et son aléa beaucoup plus faible.

L’éolien est en baisse, mais il garde un avenir radieux

A l’inverse, 107,2 milliards de dollars ont été investis dans l’énergie éolienne, des chiffres qui demeurent en baisse par rapport à 2016 – mais qui annoncent, compte tenu de la réduction des coûts, des installations en hausse.

Pour autant, si l’éolien reste un pilier de la transition énergétique en marche, il ne bénéficie pas de la même dynamique que le photovoltaïque. Technologiquement plus complexe à installer, moins simple à intégrer dans le réseau électrique, moins prévisible à moyen terme, il souffre de la comparaison avec son camarade solaire. Pour autant, cette technologie garde un avenir brillant, et son développement va se poursuivre, sa rentabilité ne cessant d’augmenter.

La Chine truste un tiers des investissements, notamment dans le solaire

D’un point de vue géographique, la Chine domine plus que largement ces investissements. Attention : les chiffres concernant les Etats s’appuient sur les investissements en énergies renouvelables en incluant la grande hydroélectricité – jusqu’ici, tous les chiffres donnés excluaient cette énergie. En comptant la grande hydroélectricité, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelable montent à 333,5 milliards de dollars.

energies-renouvelables-investissements-hausse

La Chine a elle seule en capte plus du tiers, avec 132 milliards de dollars investis, soit une hausse de 24% par rapport à 2016. Au total le pays a programmé l’installation de 58 GW supplémentaires, soit 20 GW de plus que les prévisions.

Sur ce chiffre, 86,5 milliards concernent le solaire, majoritairement photovoltaïque, qui se taille plus que la part du lion. D’un point de vue investissements, 2017 a été l’année du solaire en Chine, avec un nouveau plan gouvernemental favorisant cette énergie.

Les Etats-Unis et la France en légère hausse, l’Union Européenne en baisse

Derrière la Chine, les Etats-Unis se maintiennent à la seconde place, avec 56,9 milliards d’investissements, soit une hausse de 1% : malgré un contexte politique national moins favorables aux renouvelables, les Etats et les investisseurs privés continuent de plébisciter éolien et photovoltaïque.

energies-renouvelables-investissements-hausse

 

L’Union Européenne voit ses investissements baisser de 26%, à 57,4 milliards : cette baisse est essentiellement provoquée par les changements de politique publique au Royaume-Uni et en Allemagne, qui ont généré des baisses d’investissements massives, respectivement de 56% et de 26%.

La France ferait presque figure d’exception au sein de l’Union, avec une augmentation de 1% des investissements – qu’explique en grande partie le retard français en terme de puissance renouvelable installée par rapport à nos voisins allemands et britanniques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here