Après une année 2016 plus qu’encourageantes, les énergies renouvelables vont continuer de se développer dans le monde, et pourraient atteindre les 30% du mix énergétique mondial dès 2022 : c’est l’une des conclusions du rapport annuel de l’Agence Internationale de l’Energie sur les renouvelables. Le solaire sera le fer de lance de ce développement, porté notamment par la Chine et l’Inde. Décryptage.

Le rapport était attendu, et les nouvelles qu’il apporte sont encourageantes : l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a publié début octobre son rapport annuel sur les énergies renouvelables. Le bilan actuel est bon, et les perspectives d’ici 2022 excellentes, malgré un certain retard pour l’Union Européenne. Premier volet de notre étude de ce rapport, centré sur les conclusions et prévisions au niveau mondial.

Une croissance spectaculaire portée par le photovoltaïque

L’année 2016 a vu, au niveau mondial, l’installation de 165 GW de puissance électrique renouvelable supplémentaire : c’est un record, qui représente les deux tiers des nouvelles capacités d’énergies installées dans le monde. Clairement, même si des centrales au charbon ou au gaz continuent d’être ouvertes, les renouvelables dominent les nouvelles sources d’énergie.

Cette croissance a été tout particulièrement soutenue par l’essor sans précédent de l’énergie solaire, aidée par une baisse spectaculaire des coûts et des volontés publiques fortes. 74GW d’énergies solaires supplémentaires ont été installés en 2016, soit 50% de plus qu’en 2015 : les nouvelles installations photovoltaïques dépasse à elles seules les nouvelles centrales au gaz et, pour la première fois, l’augmentation nette de centrales au charbon (ouvertures de nouvelles centrales moins fermetures de centrales anciennes).

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Un prévisionnel pour 2022 très optimiste

Ces évolutions marquent des tendances lourdes, que rien ne devraient modifier dans les années à venir, si bien que l’AIE peut présenter un prévisionnel pour 2022 particulièrement optimiste. L’agence prévoit un gain de capacité en énergies renouvelables de 920 GW en cinq ans, soit une augmentation de 43%.

Cette croissance sera tout particulièrement portée par l’énergie solaire, avec 438 GW supplémentaire, devant l’éolien, avec 321 GW, l’hydroélectricité, avec 119 GW, et les autres sources renouvelables, avec 44 GW.

Les bonnes nouvelles, venues notamment de Chine, sur la réduction du coût des panneaux photovoltaïques et sur une volonté politique encore accrue de développer le solaire, permettent même à l’AIE d’envisager un second scénario, dit « accéléré » (« accelerate case » sur le graphique). Ce scénario part du principe que les institutions politiques continuent de soutenir sans limite le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire ; dans ce cas, les nouvelles sources d’énergies renouvelables pourraient atteindre les 1 150 GW supplémentaire en 2022 (soit 30% de plus que le scénario « classique »).

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En effet, le cœur de l’énergie photovoltaïque est en Chine : la production chinoise représente près de la moitié de la production mondiale, et les entreprises chinoises fabriquent près de 60% des panneaux photovoltaïques construits dans le monde. La politique chinoise, en la matière, a donc un impact mondial.

Les énergies renouvelables : 30% du mix énergétique mondial en 2022 ?

L’AIE estime par ailleurs que, sur la période 2017-2022, les coûts de production moyen des énergies renouvelables devraient continuer à baisser : au niveau mondial, en moyenne, cette baisse sera de 25% pour le solaire photovoltaïque, de 15% pour l’éolien terrestre et de 30% pour l’éolien offshore.

En restant sur le scénario « classique », la production d’électricité renouvelables devraient atteindre en 2022 les 8 000 Térawatt/heures, soit la consommation totale de la Chine, de l’Inde et de l’Allemagne réunies. Cela représente 30% de la production d’énergie mondiale, contre 24% aujourd’hui. Et si le charbon demeurera la principale source d’électricité en 2022, les énergies renouvelables auront comblés à cette date la moitié de leur retard.

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Des tarifs fixés par le gouvernement vers un système d’enchère

L’AIE note également un changement de paradigme du coté des politiques publiques en matière de soutien aux énergies renouvelables : les tarifs fixés par les gouvernements furent longtemps la solution préférée, ils sont de plus en plus majoritairement remplacés par des ventes aux enchères concurrentielles avec des accords d’achat d’électricité à long terme pour des projets d’utilité publique.

La vente aux enchères d’une concession éolienne ou photovoltaïque permet en effet de faire jouer la concurrence entre les différents fabricants et énergéticiens, accroissant encore la baisse des coûts provoquées par les évolutions techniques et le développement de la filière. Dans certains pays, comme l’Inde, l’Allemagne ou la Turquie, la rémunération proposée par l’Etat pour des projets éoliens ou photovoltaïques a ainsi baissé de 30 à 40% en seulement deux ans.

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Tous les voyants sont au vert

2016 a d’ailleurs vu des centrales solaires photovoltaïques ou éolienne enregistrer des prix d’enchère historiquement bas, aux environs de 3 cents par kilowatt/heures. Plus impressionnant encore, cette prouesse a été accomplie aux quatre coin du monde, Inde, Émirats arabes unis, Mexique ou Chili.

Au niveau mondial, tous les voyants sont donc au vert pour les énergies renouvelables, et la mutation du secteur de l’énergie et de l’électricité se poursuit, vers des sources d’approvisionnement durables et responsables.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le second volet de notre étude, qui détaillera la situation et les évolutions dans certains pays, notamment la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et l’Union Européenne.

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