L’énergie éolienne connaît une croissance particulièrement forte depuis une quinzaine d’années, un tendance lourde qui sa se confirmer dans les années à venir, partout dans le monde. Cette croissance en terme de puissance installée et d’énergie produite s’accompagne d’un dynamisme économique et social : génératrice d’activité et d’emploi, la filière éolienne devient un acteur fondamental, non seulement du mix énergétique, mais de la vie économique, en France et dans le monde.

Depuis l’an 2 000, l’énergie éolienne a le vent en poupe : son essor répond d’abord à la volonté de produire une énergie renouvelable à faible émission en gaz à effet de serre ; avec le renforcement de cette filière, la rentabilité de l’éolien ne cesse de s’améliorer. Quelques années seulement devraient être nécessaire à voir son coût passer en dessous de celui du charbon pour la production de l’électricité : les investissements sont donc massifs dans cette énergie d’avenir, tant d’un point de vue environnemental qu’économique.

L’éolien : croissance mondial exponentiel et investissements massifs

En 2016, l’éolien était ainsi la deuxième source d’électricité en terme d’investissement dans de nouvelles capacités de production, avec un total de 111 milliards de dollars dans le monde. La croissance de la puissance éolienne installée tend en effet à l’exponentiel : entre 2009 et 2013, environ 40 GW supplémentaires étaient installés par an ; en 2015, ce sont 60 GW qui ont été installés, et 54,6 GW en 2016.

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La puissance totale atteint les 486,8 GW au niveau mondial. L’éolien terrestre représente 97% de ce total, où les machines de petite puissance sont minoritaires. En France, l’éolien terrestre atteignait une puissance totale de 11,7 GW fin 2016, pour une production de 21 TWh, soit 3,9% de la consommation d’électricité nationale.

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Quel est la résultante économique et sociale de cette activité en croissance ?

Mais, au-delà de l’impact environnemental, positif, de l’éolien, quel est son impact économique ? Une récente étude de l’ADEME sur la filière éolienne nous renseigne sur le sujet : publiée en septembre 2017, nommée Filière éolienne française : bilan, prospective et stratégie, elle analyse entre autre le marché de l’éolien et son impact sur l’économie et l’emploi, en s’attardant largement sur la situation française.

Au niveau mondial, la centaine de milliards d’euros d’investissement en 2015 se répartissaient ainsi :

    • 65 à 85% pour la fabrication et l’assemblage des éoliennes
    • 15 à 30% pour l’installation et la mise en service
    • 2 à 6% pour les études et le développement

Les emplois générés par l’éolien se répartissent environ de la même façon, puisque la majorité de ces emplois proviennent de la création de nouvelles éoliennes ; un peu plus de 2% des emplois concernent la maintenance et l’exploitation, un chiffre en constante augmentation. Au niveau mondial, la filière éolienne génère 1,1 millions d’emplois.

Plus d’emplois pour les pays avec une filière fortement industrialisée, comme la Chine et l’Allemagne

Il est intéressant de constater que l’intensité en emploi en fonction de l’investissement varie énormément, entre moins de 15 ETP (Equivalent Temps Plein) par MW installé pour le Brésil et plus de 30 ETP pour l’Allemagne. Le niveau de développement des activités industrielles dans l’éolien explique cette différence. Etude, développement, installation et mise en service se font sur le sol du pays qui investit ; en revanche fabrication et éolienne peuvent tout aussi bien être « locaux » qu’importés.

En la matière, la Chine et l’Allemagne tiennent le haut du pavé : elles ont su développer une industrie forte et compétitive, tant pour leurs marchés intérieurs (le premier et le troisième mondial) qu’à l’exportation.

Un marché français conséquent, sans grosse industrie mais présent à l’export

La France ne génère que 18 ETP par MW installé, un chiffre qui démontre la faible industrialisation, en volume, du secteur éolien en France. Ce qui fait pencher la balance est surtout l’absence de turbinier majeur pour l’éolien terrestre de grande puissance : ce secteur est, de loin, celui qui génère le plus de main d’oeuvre. Car, pour le reste, la France est présente dans tous les maillons de la filière, y compris industriel.

En 2015, le marché de l’éolien était estimé en France, hors valorisation de l’électricité produite, à 1,8 milliard d’euros, réparti ainsi : 1,3 milliards d’euros pour l’investissement dans des nouveaux parcs, et 475 millions d’euros pour l’exploitation et la maintenance. Les importations, principalement des turbines et des composants, était estimé à 685 millions d’euros, et les exportations, principalement des composants, à 663 millions d’euros. La valeur ajoutée atteinte par la filière, pour le marché domestique et les exportation, se chiffrait à 730 millions d’euros.

Une filière qui génère plus de 18 000 emplois…

Cette activité économique soutenue a généré en 2015 près de 18 000 ETP, dont plus de 10 000 ETP directs et près de 8 000 ETP indirects. 40% des emplois directs vise une activité à l’export. Concernant la ventilation de ces emplois, environ 27% concerne le développement de projet et les études, 38% la fabrication et l’assemblage des composant, 17% les travaux de génie civil et de raccordement, et 21% les activités d’exploitation et de maintenance.

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Parmi les secteurs les plus porteurs à l’international, citons le développement de projet, avec 50% de projets réalisés à l’étranger, et la fabrication de composants, qui peut, pour certaines pièces, atteindre les 80% de taux d’export – ce qui démontre une expertise industrielle française sur des pièces moins massives mais plus complexes à produire que les turbines.

et pourrait en générer jusqu’à 75 000 en 2035 !

Au niveau régional, ces emplois sont plutôt bien réparti sur l’ensemble du territoire, comme la production éolienne – même si quelques régions prédominent, Ile-de-France, Hauts-de-France, Occitanie et Pays de la Loire. Pour les emplois industriels – turbiniers et fabricants de composant -, les bassins industriels historiques conservent la mainmise, sans lien avec les régions où sont ensuite installées les éoliennes : Ile-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Pays de la Loire.

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La filière éolienne est bien implantée en France et elle devrait poursuivre sa croissance : si les objectifs fixés pour 2030 en terme de puissance installée (soit plus de 40 GW pour l’estimation haute) sont atteints, le nombre d’ETP pourrait monter entre 40 000 et 75 000 à l’horizon 2035.

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